Quand il ne fut plus possible aux Villes de s’étendre sans s’emparer des voisines, des peuples choisirent une dernière option, radicale, une manière de dire adieu : créer de gigantesques vaisseaux pour quitter la Terre.

Pour y arriver, il fallut sacrifier les villes, les transformer en vastes bases de lancements à partir de tous les matériaux possibles, et envoyer des centaines de fusées par semaine construire une structure dans l’espace. Détruisant le sol, l’humanité d’alors savait qu’elle ne pouvait plus revenir en arrière.

Entraînés les uns par les autres, chaque peuple, chaque culture créa une armada, une flotte. Une fois dans l’espace, une évidence s’imposa : ils devaient partir dans la même direction, suivre une même route, jusqu’à trouver des conditions favorables de développement.

Pour les rares personnes ne souhaitant pas rejoindre la flotte, on construisit des dômes de métal dotés d’une source géothermique, afin de survivre sur une planète totalement détruite.

1643 navires quittèrent l’orbite terrestre en direction de Proxima. L’humanité constituait un troupeau cherchant sa pâture, sans un regard pour le lieu de leur naissance.

Quand cette flotte trouva un lieu accueillant, un endroit riche d’étoiles et de planètes proches, les navires arrêtèrent leurs moteurs. L’humanité, cependant, n’abandonna pas l’espace. On préleva un morceau de chaque bâtiment ayant constitué la flotte et on en construisit un nouveau : l’Anabase.

Plus tard, ce navire changerait de nom, il porterait celui du premier doyen : le Melkine.

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