…Giverne n’était qu’une curiosité planétaire parmi d’autres, un astre isolé perdu au milieu des routes stellaires. Sa résistance face à la curiosité des scientifiques l’avait plongée dans l’indifférence. L’humanité se lassait des mystères trop épais : il en existait tant dans l’univers. Comme des cambrioleurs, les chercheurs finissaient par se focaliser sur les énigmes moins protégées, plus accessibles. Seuls quelques fous demeuraient sur place. Et il fallait être un peu cinglé pour débarquer dans un tel endroit quand on était le maître d’une Fréquence…

… De quelle couleur était-elle ? Bien sûr, il y avait le bleu profond des océans, le blanc des nuages, mais comment définir la teinte des forêts ? Il y avait une nuance de vert Véronèse, des éclats bleutés, électriques, un soupçon de rouge carmin. Quelque chose qui hésitait entre le pointillisme et l’impressionnisme. Pourtant, même en dézoomant au maximum, on ne percevait aucun motif. D’où venait cette couleur ? Pourquoi restait-elle inaccessible ? Elle identifiait Giverne aussi sûrement qu’une empreinte, et il fallait l’espace pour l’admirer…

 

Une des dernières planètes colonisées par l’Expansion, il n’y a pour l’instant qu’une petite communauté de scientifiques et d’aventuriers installés. Comme les Samaladi de Babil-One, Giverne constitue l’un des mystères de l’Expansion. Ses terres sont entièrement recouvertes d’une végétation d’un type inconnu. Les forêts sont principalement composées de ce que l’on nomme « arbres de verre ». La matière ne ressemble à rien de répertorié dans les archives humaines et même si, par facilité, on la compare au verre, elle est bien plus malléable et produit une sorte de vibration continue.

Malgré les recherches entreprises depuis 25 ans, aucune équipe n’est parvenue à décider si les arbres étaient des végétaux, des minéraux ou une entité consciente extra-terrestre. Leur comportement paraît à la fois collectif et individuel, mais aucune activité consciente n’a été détectée. Il semble clair qu’une construction humaine provoque le dépérissement des arbres tout autour sur environ une dizaine de mètres. En dehors de ce détail, Giverne demeure un mystère complet.

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