…Un seul autre navire pouvait rejoindre le Melkine sur sa route. Sa coque rouge, ses formes sphériques et ses antennes paraboliques rendaient son identification facile : un vaisseau-relais de Magma. Pendant un mois, il avait stationné à l’un des points de Lagrange, pour changer d’équipage. Sa technologie était bien en avance par rapport au Melkine : gravitation artificielle à chaque pont, compensateur d’accélération, double propulsion à fusion évitant les phases de retournement. Cette modernité se payait par une silhouette obèse et piquetée. Le navire était l’union de trois globes de taille inégale, deux petits aux extrémités, pour les moteurs, et un central pour l’équipage et les instruments d’émission/réception. Un grand fouillis d’antennes à la surface de la coque rendait l’ensemble menaçant et peu attrayant. Jamais personne ne rêverait de monter sur un vaisseau-relais des Fréquences.

Il faut avoir renoncé à beaucoup pour s’embarquer sur de tels bâtiments. C’est toujours ainsi pour les voyageurs interstellaires, mais les vaisseaux-relais exigeaient plus de sacrifices. L’équipage partait pour des missions de plusieurs mois sans toucher une planète. Ils erraient. Dans le monde des Fréquences, ces gigantesques entreprises de communication spatiale, on ne pouvait se contenter d’émettre à large bande : il aurait fallu trop de puissance pour ne pas perdre de données. Alors on concentrait le faisceau vers un collecteur orbital. Le défaut de ce système, c’était qu’il limitait les possibilités de mise en réseau. On ne pouvait pas utiliser un faisceau unique pour plusieurs planètes dans un secteur proche, il en fallait un pour chacune. Les navires-routeurs géraient les parcours, redirigeaient certains faisceaux en fonction des messages, mais ils se limitaient aux systèmes planétaires. Il en allait autrement pour la communication interstellaire…

Si l’on tente d’établir une typologie des navires utilisés dans l’Expansion, on peut distinguer :

  • Les navires interstellaires. Eux seuls disposent de la puissance nécessaire pour atteindre une vitesse subluminique rendant le trajet acceptable. Sont rangés dans cette catégorie aussi bien les vaisseaux-relais que le Melkine. Totalement autonomes, ils peuvent s’arrimer aux stations orbitales.
  • Les transporteurs. Cela comprend les navires des « routiers », qui amènent les marchandises, capables de cheminer en convois de plusieurs dizaines de bâtiments à la suite, mais aussi les vaisseaux-cargos, qui ont été conçus pour accueillir dans leurs soutes des navires plus petits ne disposant pas de propulsion subluminique. Ce dernier type de navire est trop gros pour s’arrimer à une station.
  • Les navires atmosphériques. On désigne sous ce vocables tout bâtiment capable d’atterrir sur une planète et d’en décoller sans nécessiter de base de lancement. Les CentraCom des Fréquences appartiennent le plus souvent à cette catégorie, car ils sont susceptibles régulièrement d’opérer de la maintenance au sol ou de traiter avec les populations. Ces vaisseaux utilisent une double propulsion leur permettant d’acquérir une vitesse suffisante pour décoller d’une planète sans endommager le sol ou l’atmosphère, mais doivent emprunter des cargos-titans pour des trajets interstellaires.
  • Les navettes. Ensemble non-homogène qui comprend aussi bien des appareils capables d’atteindre une station orbitale à partir du sol que ceux transportant des voyageurs en vitesse subluminique.
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