La semaine dernière, j’avais évoqué les projets littéraires, annonçant le programme de 2015. Cette fois, je fais l’inverse. Ce sont des souvenirs de 2014, et parfois, s’y glissent des vœux pour 2015 :

– La soirée des auteurs aux Imaginales à Epinal, en compagnie de Jeanne-A Debats, de Sire Cédric et de John Lang. Repas raffiné dans une galerie, convives passionnants et passionnés. Souvenir d’un minervois qui faillit être fatal, tellement il était inattendu. Jeanne, je souhaite que 2015, nous offre l’occasion de partager de nouveaux festivals (entre deux coups de pinceaux sur des plinthes)

– Souvenir de Quiberon, à se balader sur les plages en compagnie de Mireille Rivalland et de Pierre Michaut. C’est un endroit magnifique. J’avais failli oublier pourquoi j’aimais autant la mer. Que 2015 nous offre d’autres promenades, au moins littéraires.

– Quelques jours à Rome, une sorte d’apéritif avant de réécrire Structura Maxima. Visiter une ville seul, c’est s’octroyer le luxe de se perdre, de tourner en rond, en ne rendant de compte qu’à soi-même. Nos smartphones nous enlèvent la peur de nous perdre réellement. C’est le filet ultime. Je retiens de ce week-end que les plus beaux instants sont inattendus, comme la découverte du château Saint-Ange, ou lire Solaris sur un banc dans le parc des Thermes de Caracalla. N’étant pas victime de la boulimie des visites, j’ai souvent préféré des moments de calme dans des parcs ou à une table de restaurant. J’ai gardé suffisamment de monuments en réserve pour me donner envie d’y retourner.

– La remise du prix Julia Verlanger. L’émotion d’entendre un extrait de la Mort du Melkine comme si quelqu’un d’autre l’avait écrit. Ne pas tout à fait saisir qu’on a remporté le prix et rassembler ses neurones pendant une bonne minute, essayer de n’oublier personne ( et oublier de remercier Manchu pour ses magnifiques illustrations, et beaucoup savent à quel point je me suis réjoui de cette collaboration). Sara Doke en Écuyère, tu étais parfaite. Agréable dîner en compagnie des jurés du Verlanger. Je vous souhaite de bonnes lectures pour 2015, de découvrir de nouveaux auteurs, d’encourager les persévérants (et il en faut du courage pour publier), et de récompenser une littérature qui raconte des histoires. Le prix Verlanger est un beau projet dans le panorama des prix littéraires, parce qu’il récompense aussi une démarche, un élan de l’auteur vers le lecteur.

– De tous les incroyables moments vécus à New-York à l’occasion de la soirée à la librairie française, l’Albertine de New-York, dont il a été question dans d’autres billets, je retiens surtout ce « hot cider » bu sur Union Square en compagnie de Xavier Mauméjean et Jean-Claude Dunyach. Un vrai souvenir d’amitié, à partager nos impressions sur la ville, des anecdotes sur la vie américaine. Être là, sentir l’incroyable énergie de cette ville et s’en réjouir. J’espère que 2015 nous offrira d’autres surprises de ce genre, mes amis, en tout cas, je n’oublierai pas celle-là.

Enfin, 2014 m’a permis de rencontrer deux auteurs et je tenais à les saluer ici, parce que ce n’est pas tous les jours qu’on fait la découverte de nouveaux écrivains dont on admire la démarche et l’originalité :

– Régis Goddyn, auteur de la série Le sang des 7 rois (chez l’Atalante). J’ai éprouvé beaucoup de plaisir à lire le premier tome cet été, même si j’avais croisé Régis à Epinal. Il s’est lancé dans une aventure risquée, surtout pour un premier roman, et il ne montre aucune panique. L’inconscience du jeune auteur l’aide beaucoup, je pense. Ceci ne signifie pas qu’il ignore les difficultés qui l’attendent, mais qu’il les affronte avec un certain panache. J’espère que 2015 le verra récompensé de ses efforts avec la fin de sa série.

– Estelle Faye, auteure d’Un éclat de givre (Aux Moutons électriques) et de La voie des oracles (chez Scrinéo, trilogie Young Adult). Voilà quelqu’un qui s’était fait remarquer déjà par une fantasy chinoise (Porcelaine aux Moutons électriques) et qui a montré en 2014 une évolution rapide autant dans la qualité de l’écriture que par l’ambition des textes. Écrire beaucoup est une chose, surprendre à chaque fois n’est pas à la portée de tout le monde. C’est une auteure avec une voix, qui, lorsqu’on discute avec elle, montre une grande volonté, une force indéniable, mais qui ne s’accompagne d’aucune arrogance. Volonté d’apprendre, d’explorer, de progresser, que ces atouts continue de t’accompagner en 2015. Et si j’ai pu t’encourager à te lancer dans du space-opera, alors tant mieux !

Il me reste de beaux souvenirs de 2014 et j’espère en construire de nouveaux en 2015. Merci à tous les gens que j’ai rencontrés cette année, je souhaite de vous retrouver en bonne santé et plein de projets.