Archive for septembre, 2016


Les critiques arrivent régulièrement, en voici une de Déborah Gay sur le site daily mars :

Jardin d’hiver est donc un roman palpitant, qui emprunte à d’autres œuvres tout en gardant une poésie propre, et très bien mis en valeur par une couverture réalisée par Aurélien Police. Un moment de légèreté, qui offre un peu d’originalité, et une note parfois steampunk dans sa description des villes.


J’avais évoqué la rentrée des auteurs à Lyon organisée par l’Arald, et il est temps d’en faire un compte-rendu.

Le 12 septembre à Villeurbanne, nous étions 12 auteurs interviewés par Danielle Maurel. Je me suis retrouvé en compagnie de Dominique Douay (auteur de Brume de cendres, paru aux Moutons électriques). Le public était constitué de libraires, bibliothécaires, blogueurs et organisateurs de manifestations littéraires, ce qui formait une foule importante venue nous écouter.

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Dominique Douay, Danielle Maurel et moi. Photo prise par l’Arald

Ce qui fut tout de suite agréable, pour les deux seuls auteurs de SF que nous étions, c’est que jamais nous n’eûmes l’impression de devoir nous excuser d’écrire de la science-fiction. On a parlé de nos livres, de leur contenu, de ce que nous voulions montrer. La journaliste avait parfaitement compris la démarche de chaque écrivain, même si nous étions tous très différents et cela a rendu l’exercice très naturel.

Lors du buffet qui a suivi, Dominique et moi avons eu une intéressante conversation avec Alexis Jenni (Prix Goncourt en 2011 pour l’Art de la guerre) qui était un ancien grand dévoreur de romans de science-fiction et constatant sa disparition (médiatique). C’est un constat qui se répète dans ce genre d’occasion, on trouve un bon nombre d’anciens lecteurs de SF, qui en ont souvent lu des grandes quantités et qui éprouvent le sentiment que ce genre n’existe plus. Je n’ai pas la réponse à ce problème, mais comme il est récurrent, il doit sans doute expliquer pas mal de choses sur l’absence de la SF sur la scène médiatique.

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Le public au TNP de Villeurbanne. Photo prise par l’Arald.

Le 22 septembre, nous avons répété l’exercice, avec 9 auteurs, en nous rendant à Montbrison, devant un certain nombre de bibliothécaires du réseau du département de la Loire. Cette fois, chaque auteur était présenté individuellement et devait lire un passage de son ouvrage. L’exercice n’est pas évident parce qu’il demande de choisir un passage qui a du sens, isolé, et de lire en prenant son temps. Peu importe si nous étions bons ou médiocres, l’un des auteurs, Julien d’Abrigeon (Sombres aux abords chez Quidam) a éclipsé tout le monde avec un passage où l’on sentait que son écriture était faite pour être déclamée par le poète qu’il est. Même si la question du rythme et de la sonorité des phrases constitue une partie importante de mon travail, je n’irai jamais vers cette radicalité-là, toutefois je reconnais le talent aussi bien dans le texte que dans l’interprétation.

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Rencontre avec les auteurs à Montbrison. Photo prise par l’Arald.

Pour ma part, j’ai été heureux d’être interrogé sur la place des femmes dans Jardin d’hiver. Comme l’a noté la booktubeuse The Bookish Nerd, ce sont les personnages les plus importants du roman, et j’apprécie que ce soit repéré. Lors de la présentation à Montbrison, j’ai rappelé le test de Bechdel, qui insiste sur la nécessité d’avoir deux personnages féminins qui sont dans un dialogue sans que le sujet de la conversation porte sur un personnage masculin. J’aime bien ce test, car il n’implique pas d’avoir une position sur l’identité féminine ou masculine, mais de considérer les protagonistes que comme des personnages et pas comme les porte-parole de leur sexe. Mes personnages féminins ont leurs propres motivations, qui ne peuvent se réduire à séduire un partenaire masculin, tout en tenant compte du contexte de la société.

Il n’est pas si difficile que ça de se mettre dans la peau d’une femme, il suffit de la traiter comme n’importe quel personnage, de se poser les mêmes questions qu’avec un homme. Peut-être qu’elle réagira différemment, mais cela doit venir de la situation, de sa propre histoire, et non pas de considérations sur ce qui est légitime ou pas de faire pour une femme.

Demain 12 septembre, je participe aux rencontres organisées par l’Arald à l’occasion de la rentrée littéraire. Devant des professionnels (libraires, bibliothécaires, journalistes), nous serons 12 auteurs qui parlerons de nos ouvrages. J’y serai en compagnie de Dominique Douay (Brume de cendres, aux Moutons électriques) pour la science-fiction, mais aussi avec des écrivains de blanche comme Alexis Jenni (prix Goncourt 2011 pour l’Art français de la guerre). L’événement se déroulera au TNP de Villeurbanne et je trouve agréable ce sentiment de participer à la « rentrée littéraire » en même temps que des auteurs publiés par Stock ou POL, sans distinction.

rentrée arald


Concernant Jardin d’hiver, le roman poursuit sa vie chez les libraires et les lecteurs. La magnifique couverture d’Aurélien Police a été sélectionnée parmi les couvertures de la semaine sur le site de la librairie Mollat à Bordeaux. C’est un vrai honneur, parmi toutes les couvertures des étals.

Certains critiques vous suivent à chaque sortie et c’est toujours un plaisir quand ils apprécient votre dernier roman, c’est le cas de Blackwolf de blog-o-livre :

Une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre. L’auteur nous propose ainsi un roman d’aventures qui, dès le premier chapitre, a réussi me happer, offrant ainsi un récit vivant, sans véritable temps mort, énergique. Entre rebondissement, retournements de situations et surprises, le rythme du récit s’avère efficace et entrainant et je me suis retrouvé à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus concernant cette intrigue complexe, dense et pleine de manipulations. Il arrive aussi, entre des phases plus nerveuses, à poser efficacement son récit et ses réflexions.

Une nouveauté pour moi, mon livre a été chroniqué par une booktubeuse. Ces critiques de livres par youtube sont une nouvelle manière de faire connaître des ouvrages et se développe depuis quelques années pour devenir un média essentiel dans la promotion des littératures, surtout lorsqu’elles n’ont pas de relais dans la presse généraliste. Ici, j’ai été impressionné par la qualité de l’analyse de The Bookish Nerd, qui chronique Jardin d’hiver en approfondissant aussi bien les aspects de forme que de fond pendant près d’un quart d’heure. En tant qu’auteur, j’ai été ravi d’un tel travail et je vous invite à suivre cette personne pour découvrir de nouveaux livres.