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Demain 12 septembre, je participe aux rencontres organisées par l’Arald à l’occasion de la rentrée littéraire. Devant des professionnels (libraires, bibliothécaires, journalistes), nous serons 12 auteurs qui parlerons de nos ouvrages. J’y serai en compagnie de Dominique Douay (Brume de cendres, aux Moutons électriques) pour la science-fiction, mais aussi avec des écrivains de blanche comme Alexis Jenni (prix Goncourt 2011 pour l’Art français de la guerre). L’événement se déroulera au TNP de Villeurbanne et je trouve agréable ce sentiment de participer à la « rentrée littéraire » en même temps que des auteurs publiés par Stock ou POL, sans distinction.

rentrée arald


Concernant Jardin d’hiver, le roman poursuit sa vie chez les libraires et les lecteurs. La magnifique couverture d’Aurélien Police a été sélectionnée parmi les couvertures de la semaine sur le site de la librairie Mollat à Bordeaux. C’est un vrai honneur, parmi toutes les couvertures des étals.

Certains critiques vous suivent à chaque sortie et c’est toujours un plaisir quand ils apprécient votre dernier roman, c’est le cas de Blackwolf de blog-o-livre :

Une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre. L’auteur nous propose ainsi un roman d’aventures qui, dès le premier chapitre, a réussi me happer, offrant ainsi un récit vivant, sans véritable temps mort, énergique. Entre rebondissement, retournements de situations et surprises, le rythme du récit s’avère efficace et entrainant et je me suis retrouvé à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus concernant cette intrigue complexe, dense et pleine de manipulations. Il arrive aussi, entre des phases plus nerveuses, à poser efficacement son récit et ses réflexions.

Une nouveauté pour moi, mon livre a été chroniqué par une booktubeuse. Ces critiques de livres par youtube sont une nouvelle manière de faire connaître des ouvrages et se développe depuis quelques années pour devenir un média essentiel dans la promotion des littératures, surtout lorsqu’elles n’ont pas de relais dans la presse généraliste. Ici, j’ai été impressionné par la qualité de l’analyse de The Bookish Nerd, qui chronique Jardin d’hiver en approfondissant aussi bien les aspects de forme que de fond pendant près d’un quart d’heure. En tant qu’auteur, j’ai été ravi d’un tel travail et je vous invite à suivre cette personne pour découvrir de nouveaux livres.

 

C’est demain que sort mon nouveau roman à l’Atalante, Jardin d’hiver, avec une superbe couverture d’Aurélien Police.

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Résumé : « Dans le contexte du réchauffement climatique, un conflit est né en Europe entre des ingénieurs réunis sous la bannière du Consortium et des groupes écoterroristes de la Coop. Cette guerre dure depuis près de 20 ans, suite à un incident appelé « le crime du siècle ». Chaque camp a développé ses propres armes : des animaux-robots pour les ingénieurs, des plantes mécanisées pour les écologistes.
La Tchaïka, que pilote Natalia, abrite une bande de cosaques qui récupèrent des pièces détachées après les combats et dont la philosophie se résume à cette maxime : « Nous sommes des contrebandiers, des gens qui refusent d’appartenir à un camp au nom de notre choix d’emmerder le monde. »
Un soir, sur un champ de bataille, ils tombent sur un inconnu amnésique au comportement étrange. Cette découverte leur fera traverser l’Europe à la recherche du passé de l’homme qu’ils ont accueilli et des germes du futur. »

Une première critique est déjà sortie, par Célindanaé, sur le blog Au pays des cave trolls :

L’écriture d’Oliver Paquet est très riche et fluide et apporte beaucoup à l’ambiance du roman. Le roman se lit très bien et est bien rythmé. Les personnages du roman sont nombreux mais l’histoire se concentre surtout sur Laurée et Mathieu. Ces deux personnages sont à la fois complexes et attachants. Ils ne ressemblent pas vraiment aux personnages habituels du genre et on apprend leur histoire au fur et à mesure. La relation entre ces deux personnages est également très intéressante et constitue pour moi un des gros points forts du récit. On vibre et on s’inquiète pour ces héros et l’auteur ne tombe jamais dans le romantisme.

Le roman est annoncé pour le jeudi 25 août, mais on peut déjà le trouver à la librairie Bédéciné à Toulouse. Allez rendre visite à Cathy Martin de ma part, elle est d’excellent conseil.


Je participerai à la 43e Convention de science-fiction qui se déroulera à Gradignan du 25 au 28 août 2016 au Château de Moulerens, en compagnie d’auteurs comme Jean-Claude Dunyach, Laurent Genefort ou Pierre Bordage. Même si je n’y viens pas en tant qu’invité, l’organisation de la Convention m’a donné  une place dans le programme, le samedi 27 août à 11h pour présenter Jardin d’hiver au public présent. J’avais prévu de venir à la Convention avant de connaître la date de sortie du roman, mais la coïncidence est heureuse. Rendez-vous à la fin du mois aux amateurs de science-fiction.

Du travail du manuscrit…

Je vais envoyer demain la seconde version du manuscrit de « Jardin d’hiver » à mon éditeur, et ça m’a amené à quelques réflexions sur ce qu’on entend par « travail du texte », surtout quand le roman est accepté et que l’on discute de l’amélioration pour la publication.

Tout d’abord, contrairement à une idée assez répandue sur les sites de conseils d’écriture, le premier jet d’un auteur « pro » ou expérimenté (pour faire simple) n’est pas pourri ou nul. Quand on écrit plusieurs semaines, plusieurs mois une histoire, ce n’est pas juste pour aligner des mots au hasard et obtenir un résultat illisible. On s’engage, on s’amuse, chaque auteur a son propre terme, mais il ne part pas du principe que le premier jet est bon à jeter.

Non, ce qu’un auteur obtient quand il termine son premier jet, c’est un manuscrit « brut ». L’art brut est de l’art, pas l’art pourri. On obtient une matière que j’aime qualifier de vivante, parce qu’on peut la manipuler, l’orienter dans un certain nombre de directions : modifier l’ordre des séquences, faire apparaître ou disparaître des personnages, changer la signification d’un dialogue. Il y a du plaisir dans l’écriture du premier jet, et aussi dans la réécriture. On va découvrir dans cette matière des aspects qui nous paraissaient flous avant d’entamer la première phrase du roman (ou de la nouvelle). La réécriture plonge le texte brut dans un bain révélateur, accentuant les contrastes, soulignant les effets. Tout est possible. On s’éloigne du processus initial, on cherche autre chose.

Étonnement, surprise, perplexité, voilà tout ce qu’on attend de la réécriture. On attaque le texte par un autre versant.

Enfin, quand la première révision est terminée, on passe au polissage. Voilà encore une  phase étrange. Certes, il y a une part mécanique (vérification orthographique/grammaticale, chasse aux répétitions, limitation des verbes ternes et des cascades de compléments), mais l’essentiel ne se situe pas là. A partir d’un moment, on se connaît, on entend « sa » phrase, on a défini ses propres critères, sa propre grille. La part d’étrange, c’est que je serais bien incapable d’expliciter cette grille, je ressens sa présence, je constate qu’elle me guide, mais d’où vient-elle ? On ne la trouve pas dans les manuels d’écriture, ni dans les ateliers ; elle peut évoluer au fil des ans, après chaque texte. Même en sachant qu’elle résulte de notre volonté, on s’y soumet, plus ou moins de bon cœur.

Après tout cela, quand toutes ces étapes vivantes ont été franchies, quand le manuscrit est passé du brut au finalisé, j’ai le sentiment que le texte est mort pour moi. On pourrait évoquer le deuil, mais, après réflexion, ce processus était enrichissant, contradictoire, éreintant mais procurant du plaisir, rien à voir avec le drame. Pourtant, il arrive un moment où le texte se fige à mes yeux, où il perd de son intérêt en tant que matière, pour vivre chez des lecteurs. Comme toute cette transmission me semble toujours étrange ! Elle a une part de mystère irréductible qui fait le charme de la chose.

Lors des dernières Utopiales, j’ai pu présenter mon prochain roman à paraître chez l’Atalante (pour le deuxième semestre 2016) et qui s’intitule Jardin d’hiver.

Dans le contexte du réchauffement climatique, un conflit est né en Europe entre des ingénieurs réunis sous la bannière du Consortium et des groupes écoterroristes de la Coop. Cette guerre dure depuis près de 20 ans, suite à un incident appelé « le crime du siècle ». Chaque camp a développé ses propres armes : des animaux-robots pour les ingénieurs, des plantes mécanisées pour les écologistes. L’histoire tourne autour d’une bande de contrebandiers cosaques qui récupèrent des pièces détachées après les batailles et qui tombent sur un inconnu amnésique au comportement étrange. Cette découverte les fera traverser l’Europe à la recherche du passé et des germes du futur.

Ce roman est parti de plusieurs envies. La première, c’est d’inventer une Europe du futur, totalement recomposée et dont la manifestation la plus pure est incarnée par un nouveau Paris. La capitale n’est plus une ville musée, mais une ville de grandes tours, d’arrondissements suspendus et de métros aériens. Je me suis aidé pour cela de l’exposition Revoir Paris, réalisée à partir de la bande-dessinée de Schuiten et Peeters et retraçant tous les projets de reconstruction de la ville à partir du 19e siècle.

Ensuite, j’ai voulu changer de perspective sur la question du rapport aux machines. Il devient de plus en plus cliché d’accuser l’informatique de transformer l’humain, de le soumettre et de le déformer. Dans le monde de Jardin d’hiver, les machines sont les seules entités dignes de confiance, les humains ne cessant de mentir, trahir, jouer la comédie pour servir leurs intérêts. J’ai tenté d’explorer toutes les symbioses possibles entre nature et mécanique, avec tout ce que cela implique.

Enfin, pour la première fois dans un roman, j’ai vraiment créé un personnage d’Intelligence artificielle. Comme dans ma nouvelle « la Reine d’Ambre », mon IA appelée Sublime n’a pas de langage et a développé une communication fondée sur la sensualité et la sensibilité. Sa puissance se dévoile au fur et à mesure du roman et j’aime bien le résultat.

D’un point de vue général, c’est un roman sur le pardon, élément essentiel pour un conflit qui va se terminer, avec tous les sacrifices que cela entraîne. Après, attendez-vous à de grosses scènes d’action, des armes aux capacités « un peu » excessives, et des personnages tout à fait héroïques. Jardin d’hiver est un grand opéra dont l’Europe est le décor.

J’attendais l’acceptation de mon éditeur pour en parler : un nouveau roman mettant en scène le Melkine s’annonce et a pour titre Bleu Argent.

Il s’agira d’un roman jeunesse (plus précisément, du Young Adult) qui aura pour décor un monde qui n’est évoqué que dans une moitié de phrase dans le Tome 1 : Poéia et ses Déclameurs.

Le décor est celui d’un double anneau-monde, comme deux alliances enchâssées autour d’une étoile et où les habitants se consacrent à l’élaboration et à la diffusion de contes et de mythes. L’histoire se concentre autour de deux adolescents, l’une destinée à devenir Conteuse, tandis que l’autre attend les résultats d’examen qui vont lui permettre d’embarquer à bord du Melkine. Dans cette société idyllique, deux mystères se trouvent sans réponse. Le premier concerne ces habitants qui, un jour, décident de quitter Poéia pour errer dans l’Expansion sous le nom de Déclameurs sans expliquer pourquoi. Le deuxième tourne depuis une centaine d’années autour de l’étoile de ce monde. C’est un petit vaisseau que tous ici appellent Bleu Argent sans en connaître l’origine.

On se situe bien avant la trilogie, mais il n’est pas utile de l’avoir lue pour comprendre le roman. Cependant, on y apprendra des choses sur le passé d’un des personnages du Tome 1, et pas le moindre. Surtout, on y lira l’évocation la plus complète de l’Exode, de tout ce parcours de l’Humanité quand elle a choisi de quitter la Terre. Ce roman dévoile certains faits sur les origines de l’Expansion et du Conditionnement et montre aussi que si le Melkine est un navire mythique, cela ne repose pas uniquement sur une idée, mais aussi sur des actes qui ont formé sa légende.