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Toutes les tables tondes des Utopiales  étant mises en ligne, j’en profite pour faire un récapitulatif de l’événement et rajouter quelques informations. Le festival s’est parfaitement déroulé, avec un public important (82 000 entrées) et une organisation parfaite. L’identité du festival, en favorisant le lien entre science et fiction, attire manifestement et de plus en plus. C’est réjouissant de voir cet attrait pour la science.

Pour dénicher le sujet de table ronde, ActuSF a présenté l’ensemble sur une seule page, bien pratique. Qu’ils en soient remerciés. Concernant les TR auxquelles j’ai participé ou que j’ai animées :

Lundi 31 octobre

Le kami du percolateur

La justice numérique

Mardi 1er octobre

Quand la machine surprotège l’homme

La machine peut-elle faire de la littérature ?

Eco-technologie en science-fiction ?

Mercredi 2 novembre

La machine qui lit

Pokemon Go

Ce qui n’a pas été enregistré, c’est la journée scolaire du jeudi. La rencontre avec les lycéens fut passionnante. J’étais interrogé sur une grande partie de mes livres, avec des questions portant à la fois sur le contenu mais aussi sur le processus créatif. La rencontre avait été très bien préparée par les enseignants et les élèves avaient lu dans le détail mes ouvrages. Je dois avouer que je n’ai pas souvent eu d’interview avec des questions aussi approfondies (certains journalistes ne prennent pas le temps de lire les ouvrages. Malheureusement, rares sont ceux qui arrivent à le cacher.), très loin d’être banales ou fourre-tout. J’ai vraiment apprécié ce moment d’échange. Les tables rondes font partie de l’habituel en salon, et si on les prépare un minimum, il y a peu de mauvaises surprises mais rarement de vrai enthousiasme tant on dispose de peu de temps pour développer un propos : il faut laisser la place aux autres intervenants. Ici, l’exercice était très différent et les lycéens ne sont pas là pour « vendre » l’auteur à un public, c’est pourquoi ce moment fut mon second préféré des Utopiales 2016


Car mon moment préféré fut l’annonce du prix Joël-Champetier décerné à une nouvelle d’un auteur francophone non-canadien en souvenir du nouvelliste et directeur de la revue Solaris, la plus ancienne revue de science-fiction francophone.

Soumettre un texte, sans thème imposé, en sachant que le jury se prononcerait sur des textes anonymisés, c’est un peu sauter dans l’inconnu, surtout quand il s’agit de la première édition. Impossible de deviner les attentes du jury. Quel texte envoyer ? J’ai déjà envoyé des textes à des revues (du temps de Galaxies, quand Jean-Claude Dunyach sévissait sur les textes d’auteurs français pour les faire progresser), j’ai envoyé des textes anonymisés pour des appel à texte thématiques (notamment pour l’anthologie Dimension Routes de légende, à paraître bientôt chez Rivière Blanche), mais là, je n’avais aucun point de référence. En plus, contrairement à beaucoup d’appel à textes qui passent sur les réseaux sociaux, où des tas d’auteurs débutants ou non, rendent compte jour par jour de l’évolution de leur texte, partageant leur angoisse de la deadline avec la Terre entière, ici, personne n’en parlait. Combien d’autres auteurs allaient soumettre ? Combien de pros, de débutants ?

Il y avait trop de questions pour s’occuper de trouver des réponses. J’avais écrit un texte en 2009, intitulé Graine de fer, sans savoir où je le soumettrais (j’ai quelques textes dans mes tiroirs qui attendent le support de publication adéquat, avis à ceux que ça intéresse). Il traitait d’un monde après une guerre européenne entre ingénieurs et écologistes, avec un informaticien tentant de débarrasser une jeune fille d’un virus s’étant emparé de ses jambes au point de les recouvrir d’écorce. On y éprouvait les traumatismes d’après-guerre, la difficulté de pardonner et ce qu’il fallait d’effort pour reconstruire. C’est aussi un texte sur le mensonge, celui d’une mère à sa fille, et de la nécessité de la vérité si celle-ci n’aide pas à vivre. Cet univers, j’ai fini par le développer dans Jardin d’hiver, qui raconte les événements se déroulant avant la nouvelle. Chaque texte peut se lire indépendamment mais les deux se répondent. Si bien qu’avec la sortie du roman, j’ai considéré que le prix Joël-Champetier était l’endroit idéal pour soumettre la nouvelle. Il était même convenu avec mon éditeur que si je n’avais pas le prix, on sortirait la nouvelle dans un tirage à part, ce qui réglait définitivement la question de la parution.

Quand j’ai appris qu’il y avait eu 54 textes soumis, ce fut un choc d’autant plus grand que d’être lauréat, surtout qu’il y avait Elisabeth Vonarburg dans le jury et qu’elle est connue pour ne pas être tendre. J’ai aussi été très ému de partager cela avec mon amie. Ce n’est pas évident de vivre avec un artiste, pour beaucoup de raisons, et jusque là, les circonstances ont fait que j’étais célibataire quand j’ai obtenu mes récompenses littéraires. Il y a les félicitations des amis, de la famille, mais vivre cette émotion aussi intense avec Audrey, c’était très différent. D’autant plus qu’elle avait apporté sa contribution au texte en le relisant et en suggérant des corrections. J’ai la chance qu’elle sache faire ce travail, qu’elle supporte ma grogne quand elle rature des choses (mais je finis par admettre, après plus ou moins de mauvaise foi de ma part). C’est précieux. Contrairement à l’idée reçue, plus on avance dans la carrière, moins on écrit seul : on écrit avec, en tête, toutes les recommandations, critiques, suggestions de ceux qui ont corrigés vos textes. L’expérience se sédimente de cette manière dans ce rapport entre ce qui a été dit et ce qu’on veut écrire. On s’apprend à travers les corrections des autres, à travers ce que l’on accepte et ce que l’on rejette. Le processus est sans fin.

Enfin, c’est un prix doté de 1000 euros qui récompense une nouvelle. On sait qu’en France, la nouvelle n’est pas un genre très populaire, pour tout un tas de raisons. Alors un prix qui met spécifiquement en avant un texte (et pas un recueil), c’est aussi l’occasion de mettre en avant les nouvellistes. J’ai commencé à publier des nouvelles, je continue d’en écrire et je trouve toujours autant de plaisir à le faire. J’espère que ce prix continuera de motiver les auteurs francophones et que les Utopiales trouveront comme avec la littérature jeunesse, un autre moyen de valoriser ces genres.

 

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Cette année encore, je participe aux Utopiales, dont le thème est consacré aux machines. Pour en savoir plus, je laisse la parole au président du festival, Roland Lehoucq :

Pour ma part, en dehors des séances de dédicaces (que l’on peut trouver ici ), je participerai aux tables rondes suivantes :

Lundi 31 octobre :

18h00 / Scène Hetzel La justice numérique

Avec : Laurence Suhner, Olivier Paquet, Ugo Bellagamba Modération : Pascal J. Thomas

Mardi 1er novembre :

15h00 / Scène Shayol La machine peut-elle faire de la littérature ?

Avec : Milad Doueihi, Raphaël Granier de Cassagnac, Ann Leckie, Claude Ecken, Olivier Paquet Modération : Sylvie Allouche

16h00 / Bar de Mme Spock Eco-technologie en science-fiction ?

Avec : Olivier Paquet, Louise Joor Modération : Pascal J. Thomas

Mercredi 2 novembre :

12h30 / Scène Shayol La machine qui lit

Avec : Olivier Paquet, Ménéas Marphil, Sara Doke Modération : Pascal J. Thomas

15h00 / Bar de Mme Spock Pokemon Go

Avec : Olivier Paquet, David Birgé-Cotte Modération : Antoine Mottier

 

Et j’animerai les tables rondes :

Lundi 31 octobre :

12h00 / Scène Shayol Le kami du percolateur

Avec : Denis Vidal, Milad Doueihi, Ann Leckie, Anna Starobinets Modération : Olivier Paquet

Mardi 1er novembre :

11h00 / Scène Shayol – en partenariat avec l’Inserm, le CEA et le CALQ Quand la machine surprotège l’homme

Avec : Martin Lessard, Paolo Bacigalupi, Laurence Boisset, Christophe Bernard, Olivier Grasset Modération : Olivier Paquet


J’ai aussi l’immense honneur de publier un texte dans l’anthologie des Utopiales et qui s’intitule Tokyodôme.

Couverture de l'anthologie des Utopiales

Couverture de l’anthologie des Utopiales

Ma nouvelle se déroule dans le milieu de la scène rock japonaise et tourne autour d’un concert organisé par les fans d’un groupe, un concert virtuel mais pas factice. Même pour ceux qui ne connaissent rien au rock japonais, le texte célèbre la fusion des capacités humaines et des machines pour créer une réalité plus intense et plus riche qu’on ne le pense. C’est un texte que j’ai grand plaisir à voir publié ici !

Encore une belle édition que cette année, avec plus de 65 000 visiteurs à Nantes pour célébrer la science-fiction. Je ne suis pas resté assez longtemps pour avoir le temps de profiter de toutes les conférences et activités disponibles, mais le beau temps  n’a pas dissuadé le public de s’enfermer dans la Cité des Congrès.

Conférence sur la scène Shayol (photo ActuSF)

Ma première journée s’est répartie en trois événements :

  • Discussion avec mon éditrice au sujet de mon prochain roman qui s’intitule Jardin d’hiver. Plus d’informations à venir, mais la sortie est programmée pour le second semestre 2016.
  • Après un court passage par l’infirmerie (oui, les Utopiales, c’est dangereux), une interview croisée avec Jeanne-A Debats pour Imaj’nère (diffusion à venir sur Radio G. Moment sympa et détendu, même si je n’ai pas pu prolonger l’après-interview comme j’aurais aimé. Petit moment de stress au moment où on me demande de choisir une musique : j’écoute si souvent de la musique en écrivant que ne sélectionner qu’un morceau est une torture. Heureusement, Jeanne m’a soumis une piste et j’ai pu répondre.
  • Remise du prix Julia Verlanger et séquence-souvenir pour Ayerdhal. Le moment était délicat. Il était impensable de ne pas évoquer la disparition de cet auteur et pourtant, il s’agissait d’honorer un roman paru cette année. Par respect pour la présidente du prix, Sara Doke, il ne fallait pas que l’hommage phagocyte l’événement. Gilles Francescano a parfaitement su trouver les mots, les anecdotes pour parler de Yal, tandis que Pierre Bordage a lu le début de Transparences, Norman Spinrad est aussi intervenu pour évoquer la science-fiction française à cette occasion. Je trouve très bien qu’Ugo Bellagamba, directeur artistique du festival, fut présent autant pour marquer le décès d’Ayerdhal que pour souligner l’importance du prix Julia Verlanger. Cela donnait un bon équilibre à l’ensemble. J’ai lu des extraits des ouvrages sélectionnés, et notamment un passage de L’adjacent de Christopher Priest. Outre qu’il s’agit d’un très grand auteur de la science-fiction, j’ai une petite histoire avec Christopher au sujet des prix. Lors des Utopiales 2002, j’étais assis à côté de lui dans la grande salle de cinéma pour la remise du Grand Prix de l’Imaginaire et nous gérions notre stress, chacun à notre façon, avant de monter sur scène. Bien des années plus tard, à Epinal, il me reparlera de ce moment. Aussi, je me suis retrouvé très honoré de lui passer l’accolade lorsqu’il reçut un prix spécial du jury. J’aime l’idée que les auteurs ont des connexions spéciales entre eux, faites de hasard, qui n’ont rien à voir avec le prestige mais plutôt au fait d’appartenir à une sorte de famille, au sens large du terme. Me trouver dans la même famille que Priest, c’est génial. Tout autant que se trouver dans la même famille que Laurent Genefort, lauréat 2015 du prix Julia Verlanger. Même après une carrière aussi longue, Laurent mérite qu’on célèbre encore son talent, sa passion pour la science-fiction. Il fait partie des conteurs, des inventeurs de mondes, et j’apprécie tout particulièrement d’avoir transmis le prix à quelqu’un qui, humainement, est tout aussi remarquable.

Photo ActuSF

Le lendemain commença plus rudement avec une partie « travail ». Mon éditeur, l’Atalante, organise des réunions entre auteurs, libraires, représentants et bibliothécaires pour parler des projets des uns et des autres pour l’année à venir. C’est assez informel, c’est TÔT, à l’aune d’un festival, mais l’occasion est belle pour avoir le temps de présenter les futures publications. Je ne peux rien dire pour les camarades, histoire qu’ils puissent réserver des surprises, mais j’ai pu annoncer la sortie au second semestre 2016 de Jardin d’hiver, mon prochain roman. Je ne vais pas détailler car je le ferai dans un autre post.

Samedi après-midi fut entièrement consacré aux tables rondes et dédicaces. La première, consacrée aux faux-semblant du politique, permit de parler du pouvoir en compagnie de scénaristes/auteurs de BD. Elle se déroula aisément et dans une bonne ambiance, la confrontation avec des non-écrivains étant très intéressante de mon point de vue. Je n’ai pas pu m’empêcher d’évoquer le fait que si la bande dessinée politique apparaît vraiment avec la revue Métal Hurlant dans les années 70, elle apparaît dans les mangas dès les années 50-60. Il aurait fallu plus de temps pour expliquer cette différence, qui tient plus au contexte éditorial qu’à un vrai choix des auteurs dans le cas francophone.

La seconde table ronde fut beaucoup plus problématique à mon goût. Elle traitait de la question de la société de surveillance et des dystopies, en compagnie de Catherine Dufour, Alain Damasio, Jake Raynal et Jean-Marc Ligny. Le public sur la scène Hetzel s’était beaucoup mobilisé, preuve que le sujet est très sensible. Tant mieux. En revanche, j’ai trouvé très perturbant que les propos d’Alain Damasio soient systématiquement applaudis (et ceux de Catherine, dans une moindre mesure). Je n’ai rien à reprocher à Alain et Catherine, tous les deux très sympathiques et impliqués dans leurs propos. Sauf que cette ambiance, très différente de toutes les autres, transformait la table ronde en un meeting sans que l’on sache très bien d’où ça venait. Parfois, j’ai eu le sentiment qu’un mot de trop pouvait faire déraper. J’aime bien pouvoir rebondir sur les propos tenus par les autres intervenants en conférence, pour mieux comprendre ou pour instaurer un dialogue, et je sais que la plupart des modérateurs apprécient cela. Ici, j’ai limité autant que possible, et je trouvais bizarre d’avoir l’impression de monologues plutôt que de table ronde. Je n’ai aucune idée du résultat (certes, on trouve toujours des gens pour apprécier les interventions de chacun, mais vu le nombre de personnes ayant assisté, leur proportion reste inconnue), mais je n’aimerais pas renouveler l’expérience de vivre une tribune politique où la discussion a un côté factice du fait des réactions du public. C’est physiquement qu’on sent le malaise, alors même qu’intellectuellement le cerveau fonctionne toujours.

Le dernier jour du festival fut l’occasion d’apprécier l’atmosphère printanière de Nantes ce 1er novembre, de rencontrer l’auteur Francesco Verso, éditeur numérique de la version italienne de la « Reine d’Ambre » et de dire au revoir à tous, notamment aux bénévoles qui font un travail remarquable et se démènent pour rendre la vie facile aux auteurs. Mes remerciements finaux à l’équipe du festival, Marie Masson, Roland Lehoucq et Ugo Bellagamba, qui ont su trouver la formule pour attirer du monde. A propos d’Ugo, ce dernier vient d’annoncer qu’il avait présidé à ses dernières Utopiales en tant que directeur artistique, dans un texte très beau et très élégant. Avec ce côté « gentleman » qui le caractérise, il reconnait des erreurs et des fautes, mais pour l’auteur que je suis, invité au cours des dernières éditions, je considère qu’il n’a pas à rougir de son bilan. Il fallait beaucoup de brio pour donner une identité claire à ce festival en tentant de mélanger science et fiction sans se couper du grand public. Le succès grandissant, au fil des éditions, prouve qu’il s’agissait d’une option payante, une bonne intuition (au sens scientifique du terme). Merci Ugo, avec Roland, vous avez su imprégner votre marque sur le festival et j’espère que cela continuera de se faire sentir dans les éditions suivantes !

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Le « Janus bifrons » des Utopiales, Ugo et Roland

« La science-fiction, c’est un petit peu le successeur de la philosophie. Elle est née avec la philosophie et c’est à peu près le dernier domaine où l’on réfléchit à l’humanité telle qu’elle est en anticipant un petit peu sur telle qu’elle peut devenir. » Yal Ayerdhal (2015)

Une grande personnalité de la science-fiction francophone est morte cette semaine, l’auteur de Parleur, Demain une oasis, co-auteur d’Etoiles mourantes avec mon ami Jean-Claude Dunyach. Beaucoup de livres, une grande envie de parler du monde à travers la science-fiction, beaucoup d’engagement(s), voilà qui était cet homme. Ses amis les plus proches, les plus anciens, ont su parler de lui dignement et de manière émouvante, et continueront de le faire, aussi j’ai préféré mettre en avant cette dernière interview pour le site daily mars, il y a des hasards dont on ne peut dire s’ils sont heureux ou malheureux. Je trouve, pour ma part, que cette interview continue de transmettre l’énergie et la passion de cet auteur pour tout.

Bien sûr que nous sommes tristes, mais les mots de Sara Doke, celle qui partageait sa vie, doivent nous rappeler qu’il faut regarder vers l’avant, d’utiliser ce qu’Ayerdhal a partagé avec nous, pour progresser. Comme Roland jadis, je préfère garder de ces disparus l’image de cette puissance de vie, ce qui ne pourra jamais disparaître.

Je laisse la parole à Sara pour annoncer : « Nous dirons au revoir à Yal mardi 3 novembre à 14h45 au funérarium de Bruxelles, rue du Silence, en noir et rouge, en arc-en-ciel. Venez si vous pouvez, que ce moment soit grand, fort, chaleureux, à son image. »


Et c’est pour toutes ces raisons qu’il ne faut pas négliger de parler des Utopiales, ce festival dont l’édition 2015 a pour thème « Réalité(s) ». Je serai présent à partir du Vendredi 30 octobre jusqu’au Dimanche, avec le programme suivant :

Vendredi 30 octobre

21h / Scène Hetzel. Cérémonie du prix Julia Verlanger 2015.

J’y suis présent en tant que lauréat de l’année précédente. Durant cette cérémonie, quelques instants seront consacrés au souvenir d’Ayerdhal, par solidarité avec Sara Doke, présidente du jury, absente pour des raisons évidentes.

Samedi 31 octobre

13h / Scène Shayol. Les faux-semblants du pouvoir : représentations de la vie politique dans la science-fiction

Avec : Fabien Vehlmann, Norman Spinrad, Fred Duval, Olivier Paquet. Modération : Pierre-Paul Durastanti

15h00 / Scène Hetzel. Systèmes de surveillance et délation citoyenne : la dystopie est-elle devenue réalité ?

Avec : Jean-Marc Ligny, Catherine Dufour, Olivier Paquet, Jake Raynal, Alain Damasio. Modération : Antoine Mottier

Créneaux de dédicaces :

Vendredi 30 octobre : 16h

Samedi 31 octobre : 14h et 16h

Les Utopiales 2014 se sont terminées la semaine dernière, une édition très réussie. Je suis toujours fasciné par le public toujours présent et intéressé par des tables rondes parfois pointues. Comme ces dernières sont préparées à l’avance, les participants peuvent anticiper et offrir un résultat plus construit. On trouvera sur actusf les enregistrements des conférences et cours du soir. Il y en a beaucoup.

Le Vendredi 31 octobre, le prix Julia Verlanger (soutenu par la Fondation de France) a été décerné. Les oeuvres sélectionnées étaient les suivantes :

Time Out, d’Andreas Eschbach, éd. L’Atalante
La Longue Terre, de Terry Pratchet & Stephen Baxter, éd. L’Atalante
Le Sang des sept rois, de Régis Goddyn, éd. L’Atalante
Fées, weed et guillotines, de Karim Berrouka, éd. ActuSF
L’Esprit du Melkine, d’Olivier Paquet, éd. L’Atalante
La Grande Route du nord, de Peter F. Hamilton, éd. Bragelonne

C’est la trilogie du Melkine qui a été récompensée. Vous trouverez la cérémonie ici.

L’un des atouts de cette cérémonie, c’est que l’on prend du temps à lire des extraits des œuvres. J’en profite donc pour publier l’extrait de « la mort du Melkine » lu vendredi. Comme toujours, c’est une expérience étrange que d’entendre ses mots lus par quelqu’un d’autre. On redécouvre des choses et je ne cache pas que le résultat m’a ému, avant même de savoir que j’avais remporté le prix.

À la fois danseur et sculpteur, l’homme aux mains d’étoiles se connectait à la totalité des relations humaines dont il avait connaissance. Il ne s’intéressait pas au contenu des échanges ¬— le message n’avait aucune importance —, mais à l’extraordinaire constellation que les individus construisaient autour d’eux pour communiquer. Par quelle stratégie étrange certains si proches s’évitaient, alors qu’ils essayaient désespérément de joindre d’autres déjà noyés dans une masse de contacts ? Ismaël repérait les « soleils » et les « satellites », les « étoiles » et les « trous noirs », ceux qui irradiaient et ceux qui perdaient les gens approchant d’eux. Ils étaient forts, faibles, fragiles et sublimes. Impossible de les juger — aucune relation n’a de modèle à atteindre —, juste cette sensation avide, ce besoin de voir ce qui est toujours obscur. Lever le voile sur la matière même de notre humanité, et en rendre compte, en construire une trace.

A l’occasion des Utopiales et de l’obtention du prix Julia Verlanger, j’ai répondu à deux interviews.

Sur le blog de Michel Dubat :

Olivier Paquet,vous avez sorti dans le même univers que votre trilogie  « Le Melkine » : Bleu argent (2014), comment doit ton lire cet ouvrage ? S’agit-il d’un prequel, d’une suite, d’un ouvrage totalement indépendant de la trilogie ?

  Bleu Argent est né du constat que j’avais des tas de personnages adolescents dans Le Melkine et que si je n’utilisais pas ce potentiel pour écrire un roman Young Adult, je serais vraiment un idiot. En soi, ce roman peut se lire indépendamment de la trilogie, il développe certains principes de l’univers de l’Expansion, mais rien d’aussi massif que dans le premier tome du Melkine. Par exemple, tout ce qui concerne les Fréquences est absent.

En revanche, un lecteur de la trilogie va trouver des échos nouveaux par rapport à ce qu’il connaît, il va pouvoir réinterpréter certaines décisions du tome 1, mieux comprendre certains personnages. Même chose pour quelqu’un qui passerait de Bleu Argent à la trilogie. Tout est indépendant, mais rien n’est inutile. Je comble certains trous (volontaires), j’offre de nouveaux éclairages. C’est tout le plaisir d’avoir créé un univers aussi vaste que de l’explorer en compagnie des lecteurs.

Sur le site de Phenix-Mag :

Avez-vous des sources d’inspiration privilégiées, des auteurs préférés ? Certains vous ont-ils influencé ?
La source primordiale de mon écriture, c’est le manga et la littérature japonaise. Le manga m’a surtout apporté une grammaire narrative particulière. Il ne suffit pas de parler de samouraïs pour « faire manga », je vois plutôt la bande dessinée japonaise comme un média avec son écriture propre, ses changements de rythme, sa capacité à modifier le niveau de détail du dessin selon le propos, selon ce que l’auteur veut souligner. Un jour, Estelle Faye m’a dit que j’avais un style épuré et évocateur et je pense que je le dois à la littérature japonaise. Kawabata ou Soseki m’ont appris qu’on pouvait décrire précisément une femme, sans se servir de métaphores et la rendre poétique, à travers le choix d’un détail, la précision d’un mot. Évidemment, je suis persuadé qu’il me faudra une vie d’écrivain pour atteindre ces sommets de simplicité, mais c’est une voie qui me plaît.

A une semaine de ma participation aux Utopiales du 30 octobre au 2 novembre, voici mon programme de tables rondes :

Jeudi 30 octobre

19h00 / Scène Shayol
La génération Y ou les aventuriers du pixel perdu La génération « Y », c’est celle qui vient après la « X », la nôtre, celle qui a découvert, à l’adolescence, les possibilités de l’informatique et des réseaux. Les Y sont nés avec, modelant leur rapport au monde, aux autres, pixel après pixel, s’immergeant complètement dans l’image, la représentation du monde. Mais ont-ils perdu leur chemin, ou sommes- nous restés sur la grève ? Quelle science-fiction aimeront-ils ?
Avec : Florence Porcel, Éric Leguay, Christian Gatard, Olivier Paquet
Modération : Jeanne-A Debats

Vendredi 31 octobre

14h00 / Scène Hetzel
Les intelligences non standards dans la hard-SF
De loin en loin, la capacité spéculative de la science-fiction touche à sa plus haute ambition : mettre en scène des intelligences totalement non- anthropomorphiques.
Et, généralement, les textes qui le font deviennent immortels, cultes : c’est le cas de Solaris de Stanislaw Lem, bien sûr, ou du Nuage Noir de Fred Hoyle, ou encore d’Un feu sur l’abîme de Vernor Vinge.
Avec : Ludovic Albar, Olivier Paquet, Éric Picholle, Yves Meynard, Laurence Suhner
Modération : Jean-Claude Dunyach

16h00 / Scène Shayol
Les lieux d’intelligence dans la science-fiction
Les universités, les écoles, les monastères retirés, ou encore les fondations ont toujours eu leur place dans la science-fiction.
Mais, comment sont-ils présentés ? Quel regard les auteurs jettent-ils sur ces creusets du pouvoir, de la notabilité, ou parfois de la vanité ?
Une table ronde qui pourrait bien révéler plus d’écoles buissonnières et de formations sur le tas, que d’instituts de recherche convenablement classés.
Avec : Alain Bergeron, Olivier Paquet, Simon Bréan, Estelle Blanquet, Jo Walton
Modération : Natacha Vas-Deyres

Samedi 1er novembre

12h00 / Scène Hetzel
L’utopie assistée par ordinateur, selon Iain M. Banks
Le Cycle de La Culture du très regretté auteur écossais, disparu prématurément, se distingue par la mise en œuvre positive de l’intelligence artificielle qui, loin de s’en prendre à l’humanité, la libère de tous les soucis matériels, économiques ou juridiques et lui permet de vivre une utopie hédoniste. Et si, en définitive, c’était ça la promesse technologique du futur : une humanité heureuse et libre, en « pilotage automatique » ?
Avec : Olivier Paquet, Sylvie Denis, Gérard Klein Modération : Yannick Rumpala

Cours du soir

Vendredi 31 octobre = 17h30 / Club de l’Atlantique
Du robot-humain à l’humain robotisé : l’homme et la machine dans le manga.
Après la défaite de 1945, le Japon a dû aussi reconstruire son rapport à la technologie et le robot adolescent Astro dans le manga d’Osamu Tezuka a constitué la première étape de cette réconciliation. Néanmoins, les mangas montrent qu’une inquiétude demeure : si l’humain peut insuffler la vie à une machine, est-ce que le cyborg ne va pas annoncer la robotisation de la conscience et de l’intelligence humaines ?

 

Je profite pour l’occasion pour évoquer ma participation à un projet un peu spécial qui ne sera dévoilé que le 3 novembre. Pour l’instant, je me contenterai d’une vidéo :

Tout d’abord, les premières critiques de « Bleu Argent ».

Celle de Blackwolf sur Blog-o-livre

J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui, en plus de nous proposer une histoire efficace et entrainante, ne manque pas d’offrir des réflexions intéressantes sur l’évolution, la curiosité, la vérité ou la connaissance tout en y ajoutant une bonne dose de rêves, d’étoiles et d’espoir. La planète de Poéia se révèle fascinante et intrigante, reposant sur ses deux anneaux emmêlés en suspension et où le conte possède une place importante. Les personnages se révèlent attachants et touchants, principalement Joris et Lyzia, et nous entrainent facilement dans leurs aventures.

La plume de l’auteur est toujours aussi soignée et poétique offrant ici une narration alternée, entre histoire et contes, réussie et passionnante. Au final un très bon récit pour jeunes et moins jeunes et je lirai avec grand plaisir d’autres écrits de l’auteur.

 

Celle de Chris de Savoie sur PhenixWeb

L’ambiance de Bleu argent est agréable et l’auteur parvient à mettre en place la planète Poéia et ses habitants avec aisance et de façon convaincante. Le rythme du récit est soutenu et les personnages se révèlent bien campés et attachants, même si l’intrigue manquent de rebondissements inattendus. Un roman bien construit, qui se lit avec plaisir.

 

Je serai présent aux Utopiales du 30 octobre au 2 novembre (je posterai plus tard mon programme de tables rondes). Je profite de l’occasion pour une opération spéciale.

  • Le premier lecteur qui viendra se faire dédicacer les trois tomes du Melkine aura droit à un exemplaire de Bleu Argent. (Si vous avez acheté le premier et que vous achetez les 2 suivants aux Utopiales, c’est bon aussi)
  • Autre possibilité : le premier lecteur qui aura chroniqué la totalité de la trilogie (blog ou autres) aura aussi droit à un exemplaire de ce roman qui se déroule dans le même univers. La seule condition, c’est que la chronique doit avoir été publiée avant le 30 octobre 12h.

Bon amusement à Nantes !

 

 

Je pourrais faire un compte-rendu de mon séjour aux Imaginales, mais je l’ai fait de manière succincte sur ma page Facebook, avec des photos et j’ai déjà eu l’occasion de remercier les organisateurs pour la qualité du festival d’Epinal. Ce fut une très belle édition, avec un grand soleil et plein d’amis et de lecteurs. Il en est presque décevant de n’avoir que des choses agréables à en raconter.

Poursuivons donc avec une nouvelle critique du Tome 1 du Melkine sur le site Culture des futurs par Jean-Louis Trudel :

Paquet signe un roman redoutablement intelligent qui prépare, en principe, le déclenchement d’une guerre ouverte entre la Technoprophète, qui a maîtrisé la communication instantanée, et l’idéal d’indépendance du Melkine.  Le lecteur ne doute jamais de la valeur de l’éducation dispensée par les professeurs du Melkine, sauf une fois ou deux.  En outre, Paquet étale toutes les ressources de sa plume d’écrivain en signant plus d’un passage d’une grande force ou d’une grande beauté.

Le critique a raison d’évoquer le caractère très « français » de cette université et d’en voir les limites. La suite montrera que ce navire se heurtera à un gros écueil. En tout cas, c’est une critique approfondie et très pertinente.

Du côté des nouvelles parutions, mon roman Young Adult est toujours programmé pour Septembre. Si retard il y a, il ne sera pas de mon fait, comme en atteste, cette photo, je suis en train de corriger le BAT de Bleu Argent.

Epreuves Bleu Argent

Et si vous avez du mal à vous représenter le monde de Poéia, décrit dans ce roman, je vous livre un petit schéma dessiné par Manchu lui-même :

Double anneau-monde

Tout ceci pour dire et annoncer que je suis officiellement invité aux prochaines Utopiales, pour y signer Bleu Argent, mais aussi annoncer des tas d’autres projets qui sont en cours.

Du 30 au 4 novembre se sont déroulées les Utopiales, le principal festival sur la science-fiction et le seul qui sait parfaitement allier les découvertes scientifiques avec l’imaginaire qui l’entoure (cinéma, littérature, jeux vidéos, jeux de rôle). Le public important, plus que l’année dernière, montre que le parti-pris choisi par Roland Lehoucq et Ugo Bellagamba est accepté et encouragé. Il n’y avait qu’à voir l’assistance aux diverses tables rondes, à toutes heures, pour s’en rendre compte. Il y a désormais beaucoup à voir et à apprendre dans ce festival et, à écouter et lire les différents retours, les gens en sont repartis enthousiastes et heureux. L’édition 2014 est attendue avec impatience.

Pour ma part, je ne faisais qu’un petit sceau au festival, ce qui ne m’a pas empêché d’attraper une extinction de voix au plus mauvais moment (comme il m’a été dit, j’avais une voix d’outre-tombe parfaite pour un hommage à Iain Banks), mais ce fut suffisant pour faire de bonnes rencontres. J’ai surtout eu la surprise de voir le tome 3 « L’esprit du Melkine » disponible à la librairie en avant-première, et même de signer les trois premiers tomes pour un même lecteur. C’est assez émouvant de voir le travail de toutes ces années voir sa conclusion.

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Et une semaine après, l’un de mes lecteurs a pu en faire une critique (avant la sortie officielle du 25 novembre). En principe, je ne commente pas les critiques, mais je suis content de voir que le but poursuivi dans ce triptyque a été compris. Mission accomplie.

Blackwolf : Blog-o-livres

« Mais voilà le tout est vraiment balayé par l’ambiance et le fait que l’auteur arrive à faire rêver, à nous emporter dans son univers plein d’étoiles et de mystères. Comme je l’ai dit ce cycle est une fresque, un roman choral à la fois fascinant, empli de rêve et d’étoiles, le tout porté pas une plume toujours aussi soignée, poétique et efficace qui nous happe vraiment dès les premières phrases. Le message portera sûrement différemment selon le lecteur, en tout cas pour moi il m’a touché. »

Utopiales 2012

Je serai présent au Festival International de Science-Fiction Utopiales du vendredi 9 au dimanche 11 novembre.

Tables rondes

Vendredi 9 novembre

14h00 / Bar de Mme Spock
Les empires galactiques sont-ils obsolètes ?

Avec : P. Buchet, J.-D. Morvan,  O. Paquet, S. Pellé
Modération : L. Queyssi

17h00 / Bar de Mme Spock
De l’exploration des mondes marins aux océans du ciel

Avec : Ayerdhal, P. Bordage, J.-D. Morvan, S. Nicaud, O. Paquet
Modération : J. Rébillat

Dédicaces

Vendredi 9 novembre : 15h00-16h00 / 18h00-19h00
Samedi 10 novembre : 16h00-17h00