Archive for juin, 2013


Aujourd’hui 20 juin sort le deuxième tome de la trilogie Melkine : http://www.l-atalante.com/catalogue/la_dentelle_du_cygne/la_mort_du_melkine/48/790/olivier_paquet/detail.html

Cette fois, c’est au lecteur de découvrir la suite des aventures de Théo, Myriam, Alexandre et Ismaël. 15 ans après, l’univers de l’Expansion a beaucoup changé, radicalement. On y retrouve une Technoprophète toujours aussi sauvage, et encore plus puissante.

Si le premier tome suggérait les changements à venir avec l’invention de la communication instantanée, le deuxième les met en situation. Ceux qui se sont procurés la nouvelle « Le peuple des signeurs » à l’occasion de la Décade de l’imaginaire savent un peu de quoi il s’agit. L’affrontement entre la culture et les empires de communication se fait radical.

Après ce tome, l’Expansion ne sera plus jamais pareille, un point de non-retour sera atteint, et la solution ne se trouvera qu’avec le tome 3 : L’esprit du Melkine.

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Comme l’annonce mon éditeur sur son blog, une opération spéciale commence du 10 au 19 juin. Outre la possibilité d’acheter la version numérique du Tome 1 du Melkine, à 4,99 euros, un extrait du Tome 2 est disponible gratuitement sous la forme d’une nouvelle intitulée « Le peuple des signeurs », le 11 juin.

Il s’agit d’un chapitre entier, qui peut être lu même si on ne connaît pas l’histoire du Tome 2. A trois reprises, dans le roman, l’action se déroule sur des planètes de l’Expansion et décrivent ces sociétés soumises à la pression de l’instacom, le système de communication instantanée. Les signeurs ont comme particularité d’exprimer leurs émotions à travers des caractères colorés en suspension dans l’air. A chaque fois, ces mondes sont vus à travers les yeux d’anciens élèves du Melkine qui ne peuvent que constater les dégâts.

Pour les amateurs de mangas, on peut trouver dans le personnage du voyageur un hommage, ou une référence au manga de Yuki Urushibara : Mushishi

Pour terminer, j’ai reçu cette semaine le premier exemplaire du Tome 2, avant sa sortie officielle le 20 juin :

C’est le 20 juin que sortira le Tome 2 du Melkine, intitulé « La mort du Melkine ».

Histoire de donner une petite idée des changements dans l’univers de l’Expansion entre le Tome 1 et le Tome 2, j’ai rajouté des entrées :

Des informations sur l’instacom et le façonnage, et les conséquences sur les Fréquences ;

Des informations sur Crépuscule, et notamment sur ses technologies nouvelles ;

Une description de trois nouvelles planètes et leur conditionnement : Casa del Loco, MaximilianStadt, Hong-Ke Xing.

« Rina mima une deuxième gifle près de la tempe de son ami : « Arrête. Si jamais les gens apprenaient que j’ai un cerveau, je pourrais plus voyager tranquille. Ça devient un outil dangereux de nos jours.

— Ça l’a toujours été.

— C’est devenu pire à cause de l’instacom. Je ressens une pression permanente. Les programmes des Fréquences sont partout, ils contaminent tous les conditionnements culturels, même les plus évolués technologiquement. Les gens sont perdus. Ils avaient des repères illusoires, et on les confronte au vide. Alors t’imagines bien que moi là-dedans, je fais figure d’extra-terrestre. On m’a même appelée Messie à une demi-année-lumière d’ici.

— Ça en dit long sur leur détresse. »

La technologie de communication instantanée par effet de spin a été mis au point par la Fréquence Banquise et donnée à l’Expansion. Toutes les Fréquences l’utilisent. Cette découverte à modifier la structure même des empires de communication interstellaire. Jusqu’alors, les limites de chacun se définissaient en fonction de leur sphère d’émission (le volume d’espace couvert par les vaisseaux-relais). Au-delà d’un certain nombre d’unités astronomique, le temps mis par chaque message pour arriver à son destinataire devenait trop important pour être utile. Avec l’instacom, cette limite est dépassée. Tout message est reçu par son destinataire à tout moment et sans limite de distance. C’est pourquoi on parle de Nuage pour désigner l’influence de chaque Fréquence. Il s’agit plus d’une masse de points, une configuration de relations entre les individus qu’un réseau que l’on peut parcourir d’un point à un autre.

Ceci explique que six ans après la mise au point de cette technologie, les Fréquences se sont lancées dans la guerre. Si Banquise s’est lancée dans le conflit par idéologie et volonté d’unification de l’humanité (à travers la diffusion et le partage de ses émissions), les autres Fréquences ont agi par réaction et armé leurs flottes pour ne pas être submergé par leur adversaire.

Pour différencier les Nuages, chaque Fréquence dispose d’une forme de code, une signature appelée Canal, et qui sécurise les communications. Détenir le Canal, signifie qu’une Fréquence peut se greffer sur un autre ensemble de relais d’instacom. Les Fréquences ont mis au point des stratégies différentes de protection des canaux.

« Le carrosse s’engagea sur la Kaiserplatz et contourna la « meringue ». Lorenza surnommait ainsi le bâtiment vaguement rond qui occupait le centre de la place et débordait de décorations couleur guimauve et tons pastel. C’est dans ce palais d’Hansel et Gretel que reposait l’unité Neumann gérant la planète. On aurait pu croire qu’il aurait été plus judicieux de le placer dans la capitale impériale, Wien, mais l’empereur Wilhelm ne voulait pas d’une intelligence artificielle dans sa ville. Rien qui puisse incarner le véritable pouvoir sur cette planète. Pantin ridicule, pensa Lorenza tandis que le carrosse contournait les arches rococo soutenant la frise allégorique pleine de chars majestueux et de figures mythologiques. Quelle petitesse à vouloir faire croire qu’il était autre chose qu’un comédien en éloignant le véritable acteur. Tout au plus décidait-il des jours de parades et des périodes de canonnades. Même les manœuvres étaient artificielles. Que dirait Carl Apponyi s’il apprenait les raisons pour lesquelles la cavalerie ne chargeait pas et restait derrière les murs ? Pas seulement parce que le terrain était boueux, comme le prétendait l’Etat-Major. Et pour les mêmes raisons, le pitoyable empereur avait exilé la machine qui assurait son règne dans ce lieu ridicule. Combien de passants connaissaient la véritable fonction du bâtiment, à part les ingénieurs à l’intérieur ? Ce n’était pas un secret, mais le conditionnement en cachait l’essentiel. Le hochmeister devait savoir, il était intelligent. On ne confiait pas les rênes de l’ordre teutonique à un imbécile. Mais étrangement, Lorenza n’était pas rassurée.

Le carrosse remonta la Brunnstrasse et arriva en vue  de l’Orderburg, le palais teutonique. Les remparts massifs, construits en pierre noire, présentaient un aspect menaçant, brutal, digne d’une forteresse ayant longtemps combattu. Peu importe, en fait, que l’ensemble ait été produit par synthèse et que la peinture ait été injectée dans le matériau après l’édification du palais. Aucun éclat d’obus ou de balle de fusil n’avait jamais entamé la surface, mais rien ne disait, non plus, que les murs y résisteraient un jour. L’unité Neumann avait dirigé les travaux en composant avec les couches géologiques de la planète, pas en tant que bâtisseur de lignes de défense expérimenté. Les créneaux auraient sans doute été moins larges et biseautés, et les tours d’angle n’auraient pas des meurtrières horizontales mais verticales. Esthétiquement, c’était réussi, cela impressionnait, surtout la nuit à la lumière des réverbères, mais en pratique, il y avait matière à débats.

Passé la herse, le carrosse roula sur du gravier. La passagère apprécia le confort résultant à la fois de la fin du bruit mat des roues et de l’absence de vibration. Même si le véhicule était luxueux, les suspensions n’amortissaient pas vraiment les chocs. Le palais se trouvait au bout de l’allée, entre les massifs d’arbustes entourant les places des revues de troupes. En lui-même, il ne valait pas le palais de Schönbrunn. Certes, sa longue façade et ses colonnes en imposaient, mais l’escalier central n’avait rien de fastueux, et les balcons n’étaient pas couverts de statues. Il s’agissait d’une copie imparfaite d’une copie. Et comme l’original terrien était déjà une copie, tout cela prenait des proportions vertigineuses qui firent glousser Lorenza sur son siège. Le carrosse finit par s’arrêter devant l’escalier, la portière s’ouvrit. »

MaximilanStadt

Cette planète dépend du Nuage de Banquise. Son conditionnement culturel archaïque est de type austro-hongrois.

Toute la société de cette planète est organisée autour de la guerre contre les Russes. Régulièrement, les armées impériales se déploient sur les terrains de manoeuvres en périphérie des villes et tirent sur les soldats ennemis visibles à l’Est. Jusqu’ici, l’ennemi n’a jamais atteint les murs de Wien ou d’autres villes importantes.

Il existe une forte hiérarchisation sociale sur cette planète, avec les Großdeutschen, les Allemands de la noblesse, les Kleindeutschen, les Allemands d’extraction modeste, et la population hongroise. Les limites entre ces castes sont infranchissables, et si un individu peut briller et progresser à l’intérieur, il ne peut obtenir les mêmes privilèges que le moins avancé des Großdeutschen. La population juive est hors caste, mais doit choisir son appartenance. Un membre de cette communauté peut se déclarer Großdeutsch, mais il n’aura jamais accès au palais de l’Empereur, ni aux cercles de sociabilité les plus restreints comme le Casino de Wien. Aucun juif ne se déclare membre de la population hongroise.

Ordres et corporations régissent la plupart des métiers et activités sur cette planète, les grandes familles allemandes ont tout pouvoir pour organiser la prospérité de tel ou tel meister. Il est impossible d’exercer en dehors de la surveillance des ordres corporatistes.

« Le planeau se débarrasse des gouttelettes accrochées au bord des ailes et glisse en pente douce dans l’air. Pleine ligne droite. Romain n’a même pas senti son estomac se soulever quand l’appareil a changé de milieu. Pablo est un as. Le planeau amorce son premier virage sur la droite. Depuis l’habitacle, on voit les formes vallonnées du Bajo Plano : le vert luxuriant des champs de maïs, l’aridité du désert de l’est et son immense lac de sel, et, au loin, les formes acérées des Nouvelles Andes. Le soleil illumine le paysage, le dévoilant sur des kilomètres à la ronde. Romain distingue les reliefs des autres Altos Planos, avec leurs éoliennes et les chutes d’eau qui tombent de ces îlots artificiels en sustentation. Si on s’en approche (ce qui est interdit), on peut ressentir l’énorme énergie électrique transmise vers le sol et qui alimente les villes par ondes radios.

À la moitié de la courbe du virage, Chichén Itzá apparait dans la splendeur de ses pyramides tronquées. Depuis son dernier séjour au Bajo Plano, Romain estime qu’au moins quatre ou cinq bâtiments de ce type ont été construits. La ville s’étend, englobant ses banlieues, fusionnant en une masse d’ocre et de cobalt. Les grandes places de cérémonie forment d’étranges balafres d’asphalte au milieu des constructions. Un instant, Romain se demande si l’on y pratique encore le faux sacrifice rituel en l’honneur du soleil, avec le cœur du condamné offert en offrande, dégoulinant de sang. Peu importait si l’organe était reconstitué par génie biologique dans le quart d’heure qui suivait et le condamné maintenu en coma artificiel pendant qu’on lui découpait la poitrine, la scène avait toujours révolté l’instituteur. C’est pour cette raison qu’il avait choisi d’habiter sur un Alto Plano : le conditionnement culturel n’excuse pas tout. On ne devrait pas ainsi parodier la mort.

Le planeau se stabilise et entame un second virage sur la gauche, cette fois. La grande pyramide à niveaux appelée Viracocha reflète la lumière du jour, éblouissant Romain et Rebecca. L’instituteur détourne la tête et regarde de l’autre côté.

Un condor.

L’oiseau profite du même courant que le planeau, indifférent à l’appareil. Les ailes étendues, luisantes, vibrent à peine. Romain se focalise sur l’animal. Comme ils lui manquaient sur l’Alto Plano ! Glisser sur l’air, regarder le sol avec majesté. Dis, mon ami, que vois-tu d’ici ? Quelle charogne t’intéresse ? Vole, pendant qu’on ne te chasse pas. »

CasaDelLoco

Cette planète est située dans le Nuage de Banquise. Son conditionnement culturel est influencé par les cultures sud-américaines précolombiennes.

Parmi ses particularités, on distingue les Alto Plano, ces îles flottant dans le ciel qui permettent la culture et le développement d’éoliennes. Des canaux permettent de s’y déplacer à l’aide de planeau, un appareil hybride entre le planeur et la barque. Peu de gens vivent sur un Alto Plano, parce que l’essentiel de la vie se déroule dans les villes, notamment Chichén Itzá. Le conditionnement a toujours été strict sur cette planète, avec un système d’amendes pour ceux qui dérogent aux règles de cette société.

La pratique du sacrifice humain y perdure, mais le coeur des sacrifiés est reconstitué après la cérémonie. Depuis quelques années, le carcan de règles et de coutumes s’est desserré.